George Ka : une voix douce, des mots forts

Artiste George Ka
© Arielle Aucel & Quentin Puiraveau

 

Cette artiste franco-vietnamienne, accompagnée par la maison de disque Excuse My French, m’avait littéralement séduite avec son premier titre Saigon, autoproduit en 2019. Son flow, sa voix, ses messages…tout est beau. Au croisement du rap et de la chanson, Camille – alias George Ka – pose ses textes lourds de sens sur des instrus mêlant hip hop, funk, et pop. Ses trois premiers clips sont dispos sur Youtube, ils valent le détour aussi.

 

Petite, elle se rêve en Princesse Mononoké, héroïne bornée et sagace qui court, se bat et saigne. Ce personnage de fiction, auquel elle s’identifie rapidement, l’inspire jusqu’à prendre vie au coeur d’un refrain enivrant. Féministe assumée, ses engagements sont clairs et sa rébellion passe par les mots. Née d’un père français et d’une mère vietnamienne, elle puise en partie sa force dans cette double origine. Dans une interview donnée à Madame Rap, elle dit :

« Je veux rendre hommage à notre héritage multiple, dont je tire énormément d’inspiration et de fierté, mais aussi expliquer l’inconfort et la perte de repères qu’on peut ressentir lorsqu’on est « moitié-moitié ». Pour que ceux avec des histoires similaires puissent s’y reconnaître et que les autres puissent comprendre. »

Elle aborde le métissage, l’enfance, l’identité de genre, le corps de le femme ou encore la fête à travers des paroles justes auxquelles personne ne peut rester indifférent. Dans une interview accordée à Radio Nova, elle cite le titre Qwerty de Gaël Faye comme sa première grosse claque, un morceau qui m’a également heurtée de plein fouet il y a quelques années.

 

Cover EP Par Avance George Ka
Cover de l’EP Par Avance – George Ka

 

Si le single Saigon m’avait interpelée et touchée, c’est le jour où George Ka a publié un extrait de Garçon manqué Fille manquante – en guise de teaser – que je me suis mise à attendre la sortie de l’album comme j’attendais Noël quand j’avais 5 ans. Voilà plus d’un an (après Saigon) que l’on patientait sagement au rythme de trop courts « mémos ». Mais le 19 mars dernier, son premier EP Par Avance est enfin parvenu à nos oreilles. J’ai commencé par écouter cette chanson dont j’avais entendu l’extrait…wow. Ce son est tellement puissant, vraiment, il faut que t’écoutes ça.

Gros coup de coeur aussi pour Mononoke que je stream très fort. Dans cette chanson, Camille parle à une petite fille – sa nièce – tout juste née, qui s’apprête à découvrir le monde, avec ses vices et sa magie. Elle lui annonce ce qu’elle risque de vivre et la conseille en toute bienveillance. Je te partage ici un extrait des lyrics :

 

 

 

« La cour de récré une arène, du lundi au samedi
À esquiver les premiers coups indélébiles du regard d’autrui
Ça continuera dans les magazines, à table ou sur les réseaux
Ton corps passé au crible, on te fait croire qu’il n’est pas comme il faut
Mais c’est faux, t’es belle ça veut pas dire ce qu’ils te disent
T’es belle, c’est en toi quand t’es la personne que tu vises
T’es belle, et ne t’en excuses jamais
Ne dis ni pardon ni merci mais dis-leur simplement je sais »

 

Mes sources d’inspirations sont multiples, et le rap conscient francophone en fait largement partie. En espérant t’avoir fait découvrir, ou redécouvrir, cette femme ultra inspirante. N’hésite pas à me dire ce que tu en penses en commentaires ou sur Insta 😉 Bonne écoute, et merci à toi qui me lis !

Et puis Camille, si jamais tu passes par là, j’espère que tu n’adouciras jamais le ton, que tu continueras de parler fort, très fort. ♥

 

🎶  Écouter les sons de George Ka  🎶

Greenement vôtre,

Emeline ♡